Sarah Jérôme
Dans cette série de dessins, Sarah Jérôme puise ses sujets directement dans son
histoire avec la danse. Les œuvres, réalisées en 2018, prennent pour point de départ
les spectacles de Pina Bausch, notamment Kontakthof et Nelken. Mais les images
extraites ne sont pas reproduites telles que vues : elles sont découpées, recadrées,
fragmentées et soumises à une nouvelle logique graphique, comme un nouveau pas
de côté, un angle de vue inédit.
L’action est décomposée en plusieurs plans. Un mouvement, qui ne dure qu’un instant
sur scène, devient une succession de fragments. Le regard doit alors circuler entre
eux et tenter de reconstituer ce qui s’est réellement joué.
Sarah Jérôme s’intéresse ici moins à la chorégraphie elle-même qu’à ce qu’elle révèle
des êtres : leurs tensions, leurs contradictions, leurs relations, allant parfois jusqu’à
l’absurde. Le regard de Pina Bausch sur ces danseurs devient pour elle une manière
de pénétrer au cœur de la sensibilité et de la fragilité humaines.
Le papier calque accentue cette impression d’image instable et les dessins semblent
pouvoir se superposer ou se prolonger au-delà de leurs propres limites. Le support
devient un espace de montage où photographie, dessin et mémoire se rencontrent.
Maud Barral, commissaire d'exposition
